S’il y a bien un classique qui m’a laissé une empreinte forte, c’est bien ce roman de Gary. Et celui qui me l’a rappelé c’est le roman de Marius Degardin, Les Mandragores.

De quoi parle le roman ?

Parlons  des injonctions qui pèsent sur les hommes ? Non pas celles qu’on remarque au premier coup d’œil, mais celles plus insidieuses, presque invisibles. L’idée que pour être un « vrai » homme, il faut être puissant. Dans sa carrière, dans ses opinions, et surtout… dans son lit.

C’est exactement ce que met en lumière ce roman. On y suit Jacques, un personnage qui m’a bouleversée. Jacques est rongé par une peur tenace : perdre Laura, la femme qu’il aime. Pourquoi ? Parce qu’il sent approcher le déclin. Le corps qui lâche. L’impuissance. Pour lui, c’est une mort en direct. Et moi, lectrice, je voulais lui tendre des mots de réconfort… mais le livre me rappelait sans cesse que ces mots n’auraient servi à rien. J’étais aussi impuissante que lui.

Mais attention, on est chez Gary. Alors, au milieu de ce drame intime, surgissent son humour, ses images décalées, ses métaphores délicieusement ironiques. Qui d’autre que Gary aurait eu l’idée d’un milliardaire impuissant prêt à dépenser une fortune pour… redresser la tour de Pise ? Rien que d’y penser, je souris encore.

C’est un récit d’une grande justesse, à la fois tendre et cruel, grave et drôle.
Romain Gary 💜

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