L’ambiance qui émane du roman L’âme de fond de @juliaclavl publiée lors de cette rentrée littéraire chez @editionsdelobservatoire n’a cessé de me rappeler la lecture de ce livre qui est devenu un de mes classiques.
Je publie la chronique de L’âme de fond jeudi mais en attendant…
1665, Londres est frappée de plein fouet par la peste, pour la quatrième fois en un siècle. Daniel Defoe, plus connu comme l’auteur de Robinson Crusoé, en a laissé un récit fascinant.
Depuis toujours — bien avant le Covid — je nourris une étrange fascination pour les pandémies à travers l’Histoire. Mais je n’avais encore jamais lu de témoignage aussi précis sur la vie quotidienne des populations plongées dans ce fléau.
Ce texte n’est pas un roman : c’est un véritable reportage. Avec une étonnante modernité journalistique, Defoe dresse le tableau d’une société terrassée par la maladie. Il décrit les mesures imposées par les autorités, le quotidien des habitants, et s’appuie sur chiffres, ordonnances et témoignages.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est la dimension sociologique :
la peur de l’autre,
l’essor des charlatans,
la fuite des riches vers la campagne, abandonnant les pauvres à leur sort.
La peste engendre à la fois régression, folie, violence et rupture des liens sociaux.
Les maisons touchées étaient murées, signalées d’une croix rouge et de la terrible inscription : « Que Dieu ait pitié de nous ». Les familles ainsi enfermées se savaient condamnées. Beaucoup tentaient donc de fuir, aggravant encore la propagation. La longue incubation de la maladie, doublée de symptômes tardifs, explique l’ampleur du désastre.
Puis, quand chacun se crut perdu et qu’aucune mesure ne semblait plus utile, les Londoniens reprirent une vie presque normale, s’en remettant au destin — ce qui provoqua de nouvelles flambées.
Au-delà du récit, Defoe s’adresse aussi à l’avenir. Il en tire des avertissements, comme un manuel de survie au cas où le mal reviendrait.
Pars vite et reviens tard.

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