Suzanne à 36 ans et est étouffée par une famille qui la réduit au rôle de souffre-douleur et qui la dévalorise. Alors quand le hasard lui offre le gros lot au loto, elle ne réfléchit pas : elle fuit et achète un vieux manoir normand délabré. Problème, les calculs ne sont pas bons, elle a dépensé tout son gain dans cet achat et elle est contrainte de louer des chambres.
La colocation
C’est le début de la coloc’ de looser : un vieux médecin lubrique, une autrice spoliée de son œuvre, un jeune pompier transformiste… Une colocation improbable qui aurait pu tourner à la caricature, mais Audrey Alwett évite toujours cet écueil grâce à une écriture pleine d’esprit et de finesse.
Une Sainte dans le jardin
Au milieu de cette propriété étrange trône une tombe dédiée à une mystérieuse Sainte Emmerderesse. Elle n’est autre que l’ancienne propriétaire, Lucie de Saint Ange la protégée de Mme de Maintenon. Alors pourquoi prie on Saint Emmerdresse ? Pour se libérer de ses ennuis et réclamer justice. La découverte de la tombe devient pour la troupe un moyen de gagner de l’argent et très vite, les pèlerins affluent… La mutation de cette fine équipe en marchands du temple est à la fois absurde, piquant et jubilatoire.
Audrey Alwett mélange références historiques passionnantes, dialogues savoureux et situations absurdes avec naturel, on se régale.
Sous ses airs de farce spirituelle totalement déjantée, le roman parle surtout de celles et ceux que la société regarde de travers, de gens cabossés qui cherchent enfin un endroit où respirer. On rit mais on remet en question ses propres jugements… Un roman aussi insolent qu’attachant qui m’a rappelé mon chouchou incontesté, Mark Twain ❤️


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