Je me suis encore levée ce matin avec cette idée au cœur “Je ne veux pas crever avec des regrets” et je crois que se laisser porter par la Providence, pas le vent, par le Mektoub, par ses envies — choissisez le terme qui vous anime — est le meilleur moyen de le faire…

Se jeter dans les rues à l’intuition. Gauche, droite, tiens j’ai loupé la sortie, cela trouvera son sens, avancer avec confiance. Passer à la brocante, un ami que je pensais voir est absent, l’occasion de lui dire que je pense à lui quand il n’est pas là.

Dans la rue, un air de musique et des paroles qui disent “un cadeau de la Providence”.

Des livres en vrac et un titre qui se détache “Signe ascendant”. Un clin d’œil à mon attrait pour l’astrologie, un sujet qui m’apporte son lot de distractions.

Alors que j’écris ces mots, un abbé passe sa longue soutane noire flottant avec la Tramontane. Dieu a cette façon de dire “Je suis là” avec tant de poésie. On peut moquer Bobin mais il faut un courage fou pour voir la douceur alors que le monde violent hurle autour de nous.

Signe ascendant donc.
Premier mot : bélier. Du feu et de la fougue.
Premier poème : La Providence tourne.
Mauvais signe ?
Et dans le poème : Giorgio de Chirico.
Ma première étude et ma première passion artistique. Peut-être voyais-je en lui des blessures communes, celles qui engendrent une solitude qui peut être vécue même au milieu des autres.
Celle qui fait des artistes. 

Je lève les yeux une seconde, un homme passe au loin, surprise de le voir.
La Providence. 

Dernière question : combien y avait-il de chance pour que je chine ce livre avec ce marque page et cette date ?

8 mai 197?
9 mai 2026

Merci.

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