Quelle empreinte m’a laissé ce livre ? La puissance des mots; les mots espace de liberté, espace de compréhension, espace de résurrection…

Nathacha Appanah n’élève pas la voix, elle utilise son pouvoir, celui de la plume pour faire taire le vacarme autour des victimes. Enfermer les coupables, symboliquement, dans une pièce insonorisée. Les tenir à distance. Et offrir, enfin, tout l’espace aux voix que l’on entend pas suffisamment. La littérature devient alors ce lieu de liberté où l’on peut rééquilibrer le monde, ne serait-ce que le temps de quelques pages.

Et puis il y a ce mot, que je ne connaissais pas vraiment avant : le grooming.
Un mot froid pour dire une réalité affolante, ces mécanismes d’emprise, insidieux, presque invisibles, par lesquels des adultes s’immiscent dans les failles d’adolescents en manque d’amour pour les abuser. Elle met des mots là où il n’y avait que du flou, voire de la culpabilité. Des être vulnérables qui consentent car manipulés. Le lire peut-être sans doute un pas vers une forme de réparation pour eux…

Les mots comme matière vivante.
Parce que ces femmes, ces adolescentes, ces existences cabossées, la littérature ne les explique pas seulement. Elle leur redonne une chair, une présence, une dignité. Elles ne sont plus des faits divers, ni des silhouettes. Elles respirent à nouveau et c’est là toute la puissance de ce roman…

Bravo @nappanah 💜

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